Incarcération du DG de Rawbank : on s'attaque aux exécutants et on épargne le donneur d'ordre de paiement

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Finalement la directeur général de la Rawbank, Thierry Taeymans, a été transféré vendredi à la prison centrale de Makala, après son audition, entre jeudi et vendredi, par le Parquet près la Cour d'appel de Kinshasa/Gombe. La célérité avec laquelle la justice a traité le cas du DG de Rawbank soulève bien des interrogations.

Avec tout ce qu'on sait de la justice congolaise, on comprend mal comment les inspecteurs judiciaires près le Parquet de la Cour d'appel de Matete ont expédié ce dossier à la vitesse lumière.

Des observateurs avertis pensent qu'il y a anguille sous roche. Des questions fusent.
Qu'est ce qu'on veut cacher ? Est-ce que la justice chercherait-elle à faire taire certaines personnalités qui ont, à quelque niveau, joué un rôle dans l'exécution des travaux retenus dans le cadre du programme de 100 jours du chef de l'Etat ?

En tout cas, au niveau de la première banque de la RDC, on ne s'agite pas. Bien au contraire, la Banque, qui se dit avoir agi suivant les normes régissant la profession bancaire en RDC, est prête à "coopérer" avec la justice pour sauvegarder sa crédibilité. L'arrestation de son directeur général ne l'a donc pas ébranlée.

Le plus important est que la Rawbank n'a pas été au centre des opérations financières du programme de 100 jours ; tout ayant été centralisé au niveau de la présidence de la République, avec au cœur des opérations le directeur de cabinet du chef de l'Etat et le coordonnateur de ce programme.

Pourquoi la justice continue-t-elle à épargner ces deux maillons importants de la chaîne, se limitant juste à s'attaquer aux exécutants ? Voilà une bonne raison de se poser encore et encore des questions.

C'est dire que, tant que les donneurs d'ordre de ce qu'on reproche au programme de 100 jours, seront mis à l'écart des enquêtes judiciaires, la vérité va en même temps s'éloigner.

En tout cas, dans la profession bancaire, notamment au sein de l'Association congolaise des banques, tous expriment leur solidarité au patron de la Rawbank. A l'instar de la Rawbank, tous s'attendent aussi à ce que la justice nomme le ou les vrai (s) coupables de la déroute du programme de 100 jours du chef de l'Etat. Et ce n'est pas en s'attaquant aux maillons faibles, c'est-à-dire des exécutants qui n'ont fait qu'obéir à un ordre, qu'on va résoudre le problème.

A tout prendre, l'incarcération du DG de la Rawbank n'est que ce grand arbre qui cache la forêt. C'est à la presidence de la République que tout s'est joué.

Tôt ou tard, la vérité finira par triompher. A la Rawbank, on y croit jusqu'au bout. C'est la crédibilité de la banque, dit-on, qui est en jeu.

Econews