La présidence aux Congolais de père et de mère ? : Voici la réaction du président Tshisekedi

Félix Tshisekedi face aux sénateurs le 5 juin 2021 à Kinshasa

Depuis quelques semaines, le débat sur la nationalité congolaise ne cesse de prendre de l'ampleur surtout avec la proposition de Noël Tshiani sur le verrouillage de l'accès à la présidence de la République.

Pour cet ancien candidat à l'élection présidentielle de décembre 2018, il faut réserver la magistrature suprême seulement aux Congolais de père et de mère. À en croire Noël Tshiani, c'est notamment pour des raisons de souveraineté nationale et éviter l'infiltration au sommet de l'État.

Samedi 5 juin 2021, le président de la République démocratique du Congo était face aux sénateurs membres de l'Union Sacrée de la Nation. Une première rencontre entre Félix Tshisekedi et ces élus des élus depuis la fin de la coalition FCC-CACH et l'avènement de l'Union sacrée.

Occasion donc pour le chef de l'État Congolais de s'exprimer sur plusieurs questions brûlantes de l'heure. Parmi elles, la problématique de la nationalité congolaise.

D'après un sénateur qui s'est confié à 7SUR7.CD sous anonymat et qui a pris part à cette rencontre, le chef de l'État s'est montré favorable au débat sur la nationalité congolaise. Il a appelé les sénateurs à prendre de bonnes décisions.

"Pour le président, nos frères (de la diaspora ndlr) ont beaucoup fait pour la République démocratique du Congo. Il nous a invité à réfléchir sur la double nationalité", a affirmé notre source.

S'agissant spécialement de la polémique autour du verrouillage de l'accès à la magistrature suprême, le président Tshisekedi a, toujours selon notre source, déclaré que ce sont les Congolais nés de père et de mère qui ont laissé la RDC dans le "gouffre".

"Si le pays est à ce niveau, il y a ceux qui se disent Congolais de père et de mère qui l'ont laissé dans un gouffre", a-t-il martelé.

Dans un autre registre, le chef de l'État Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo a rassuré les sénateurs de la tenue des élections générales en 2023. "Les élections auront bel et bien lieu", a-t-il souligné.

En outre, le successeur de Joseph Kabila Kabange a, à en croire la même source, fait savoir aux sénateurs que c'est le moment de faire des concessions tant au sein des partis que des plateformes ou regroupements politiques.

Pour rappel, le chef de l'État Félix Tshisekedi avait appelé les parlementaires lors d'une rencontre le 24 avril dernier, à réfléchir dans le cadre des réformes, sur la possibilité de détenir une double nationalité.

"Une autre réforme qui me tient à cœur, c'est la question de la nationalité. J'ai vécu longtemps à l'étranger, je connais ce problème. Nous avons milité de l'étranger avec des congolais qui ont d'autres nationalités mais qui sont congolais et se battent pour le Congo de la même manière que ceux qui sont au pays. J'ai trouvé que c'est injuste de continuellement les tenir à l'écart. Un congolais, quelle que soit la nationalité acquise après les péripéties de la vie, est de nature toujours attaché à son pays. Ça, c'est ce que j'ai toujours constaté, il aime son pays même si parfois on en fait un peu trop mais nous aimons notre pays. Il faut permettre à ces compatriotes, moi je les appelle ainsi de la diaspora de pouvoir être à l'aise. Maintenant, je n'impose rien mais il faut leur permettre de prendre part au débat à l'intérieur de leur pays soit en participant activement à la politique", avait recommandé Félix Tshisekedi.

Il sied de signaler par ailleurs que l'article 10 de la constitution stipule : "La nationalité congolaise est une et exclusive. Elle ne peut être détenue concurremment avec une autre nationalité. Elle est soit d'origine, soit acquise par l'effet de la naturalisation, de l'option, de l'adoption, du mariage ou de la naissance et de la résidence en République Démocratique du Congo".

Jephté Kitsita