Lubumbashi : 10 détenus condamnés à 15 ans de prison pour viol collectif à la prison de Kasapa

Photo 7SUR7.CD

Le Tribunal de Grande Instance (TGI) de Lubumbashi a condamné 10 détenus à 15 ans de servitude pénale principale pour avoir violé une cinquantaine de femmes à la prison de Kasapa.

Cette instance judiciaire a rendu le verdict du procès du viol collectif sur les femmes lors de son audience publique tenue dans l'enceinte de cette maison carcérale, le mercredi 19 janvier 2022. 

Les dix condamnés sont accusés de plusieurs griefs dont le viol, le viol sur mineure, incendie volontaire et tentative d'évasion.

Maître Christelle Tshamala de la partie civile affirme à 7SUR7.CD qu'elle n'est pas satisfaite de ce verdict surtout pour le cas de viol. Elle pense que c'est l'État congolais qui devrait être civilement responsable en ce qui concerne les dommages et intérêts et non les détenus qui viennent encore d'être condamnés.

« Parce que ces faits là se sont passés au sein de la prison et la RDC est tenue responsable de tout ce qui se passe au sein de la prison. Quand quelqu'un est détenu, il a droit à la vie, à la sécurité. Et aujourd'hui, on est en train de condamner les paisibles citoyens qui sont d'abord des gens et on ne sait pas quand est ce qu'on va recouvrir ces fonds parce que vous condamnez quelqu'un au payement de 800 mille, et dommages et intérêts de 5.000$. La personne est d'abord au sein de la prison ça fait pratiquement 7 ans, où est-ce qu'il aura cet argent ? Mais cette femme qui était venue au sein de la prison, elle était sainte. Mais lorsqu'elle sera obligée de quitter cette prison, il y a des grossesses non désirées qui vont l'accompagner, des infections sexuellement transmissibles sans pour autant songer à une prise en charge adéquate », a-t-elle regretté.

Rappelons que du 25 au 27 septembre 2020, des émeutes s'étaient éclatées dans l'enceinte de la prison de Kasapa à Lubumbashi dans le Haut-Katanga. Pendant ce moment, plusieurs détenus avaient même brûlé des bureaux et dépôts des aliments de cette maison carcérale. Certains ont même essayé de s'évader alors que d'autres ont profité de ces émeutes pour violer des filles et femmes prisonnières. Sur 56 femmes, 14 restent encore en prison et d'autres ont été soit libérées soit purgées leurs peines.

Patient Lukusa, à Lubumbashi