Au cours d’un point de presse tenu ce samedi 23 mai 2026 à son siège de Kinshasa, le parti de l’opposant Jean-Marc Kabund, l’Alliance pour le Changement (A.Ch), a réitéré son opposition catégorique à tout projet de modification de la Constitution, tel que prôné par le parti présidentiel.
« Ne touchez pas à ma Constitution. Non au changement de la Constitution. Non à la balkanisation. Non au troisième mandat. Oui au dialogue national sincère et inclusif. Oui au respect de l’ordre constitutionnel. La Constitution est notre socle, notre protection, notre avenir », pouvait-on lire sur le calicot affiché derrière le pupitre depuis lequel s’exprimait le secrétaire général du parti, Tonay Atwana Jean-Paleki.
Selon ce dernier, le pouvoir en place se détourne de véritables priorités des Congolais, notamment l’accès aux services sociaux de base.
« Aujourd’hui, leur serment repose sur le changement de la Constitution et la révision constitutionnelle. Nous leur disons que, qu’il s’agisse d’un changement ou d’une révision, rien de tout cela n’aura lieu. Eux-mêmes le savent. Leur malheur est qu’ils s’attendaient à ce que la diplomatie travaille à leur place. Malheureusement pour eux, la diplomatie ne peut rien faire lorsqu’elle est mal exercée. Diplomatiquement, le régime en place est à bout de souffle. À cet instant, même ceux qui, au départ, étaient prêts à les accompagner au dialogue n’en veulent plus, parce que leur démagogie a atteint son paroxysme », a-t-il déclaré.
Tonay Atwana Jean-Paleki a soutenu que la véritable issue à la crise sécuritaire que traverse la RDC reste un dialogue inclusif.
« Nous attendons les élections de 2028. Ils ne savent plus à quel saint se vouer. Lorsque nous leur demandons de réunir tout le monde autour d’une table pour un dialogue inclusif, ils pensent que c’est pour les piéger, alors qu’au contraire, nous voulons les sortir du gouffre dans lequel ils se trouvent », a-t-il affirmé.
Et d’ajouter : « Maintenant que leurs partenaires diplomatiques ont tourné casaque, et que l’opposition ne tient qu’au respect de l’article 64 [NDLR : qui stipule que tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ], ils ne savent plus comment s’y prendre. Je me demande même s’ils arrivent encore à fermer l’œil pour dormir. De toute façon, ce n’est plus notre problème. Soyons prêts pour des actions de grande envergure afin de barrer la route à tout projet de changement ou de révision constitutionnelle et d’appeler à l’unité nationale, car la RDC est divisée. »
Le secrétaire général de l’Alliance pour le Changement a également affirmé que l’UDPS est un parti inféodé au M23. Pour étayer ses propos, il a évoqué les déclarations récentes d’un conseiller à la présidence, selon lesquelles Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire du parti présidentiel, aurait affirmé que Déo Bizibu, l’un des cadres de l’UDPS, travaillerait avec le M23. Ce dernier aurait, à son tour, soutenu qu’Augustin Kabuya collaborerait avec Paul Kagame.
D’après lui, cette collaboration confirmerait une alliance entre Paul Kagame, le M23 et l’UDPS dans le but de déstabiliser la RDC.
Abordant enfin la défection de certains membres de son parti ayant rejoint l’UDPS, Tonay Atwana Jean-Paleki les a qualifiés de « mendiants corrompus » par le parti présidentiel.
Junior Ika