RDC : le M23, principal auteur des violations des droits humains en avril (Rapport)

Image
Image

Le mouvement rebelle AFC/M23 est présenté comme le principal auteur des violations des droits humains enregistrées en République démocratique du Congo au mois d’avril 2026.

Dans son rapport mensuel, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) indique avoir documenté 382 violations et atteintes aux droits humains durant cette période, particulièrement dans l'est du pays. Même si ce chiffre est en baisse par rapport au mois de mars dernier qui a recensé 542 cas, l’ONU appelle à la prudence, car plusieurs zones sont inaccessibles à cause de l’insécurité qui empêche la documentation d'autres violations.

Selon le rapport, la majorité des violations ont été commises dans les provinces touchées par les conflits armés dans l’Est du pays. Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri concentrent 334 cas, soit 87,4 % des violations recensées. Le BCNUDH explique que cette situation est liée aux affrontements entre les forces gouvernementales appuyées par les groupes Wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23, que les Nations unies accusent d'être soutenus par Kigali.

« Cette diminution apparente doit toutefois être interprétée avec prudence en raison des contraintes de documentation et d’accès à certaines zones touchées par l’insécurité. Les provinces affectées par le conflit ont concentré 334 violations et atteintes, soit 87,4 % du total documenté », indique le rapport du BCNUDH.

Dans le détail, les groupes armés restent les principaux responsables des violations enregistrées pendant cette période. Ils représentent près de 80 % des cas documentés par les Nations unies. L’AFC/M23 arrive en tête avec 130 atteintes aux droits humains recensées, suivi des Wazalendo avec 58 cas, des groupes Maï-Maï avec 23 cas et des ADF avec 21 cas. Les services de l’État sont également cités dans 109 violations, principalement liées aux forces de défense et de sécurité.

« Les groupes armés demeurent responsables de la majorité des violations et atteintes enregistrées, avec 79,34 % des cas. L’AFC/M23 demeure le principal auteur présumé avec 130 atteintes documentées, suivie des Wazalendo (58), des groupes Maï-Maï (23) et des ADF (21). Les agents de l’État ont, quant à eux, été responsables de 109 violations, principalement imputables aux FARDC et à la Police nationale congolaise », précise le rapport onusien.

Le rapport fait également état de graves violences contre les civils. Au moins 156 personnes auraient été victimes d’exécutions sommaires durant le mois d’avril dans les zones touchées par les conflits. Les violences sexuelles restent aussi parmi les principaux faits déplorés. Le BCNUDH a recensé 37 incidents ayant touché 52 victimes, parmi lesquelles 36 femmes et 16 filles.

« Bien que ce chiffre soit inférieur à celui du mois précédent, où 70 victimes avaient été recensées, les violences sexuelles continuent d’être utilisées comme moyen de représailles dans les zones de conflit. Le Nord-Kivu concentre 60 % des victimes, suivi de l’Ituri avec 31 % et du Sud-Kivu avec 8 % », souligne le rapport.

En dehors des zones directement touchées par la guerre, le BCNUDH a aussi enregistré 48 violations, notamment des arrestations arbitraires et des détentions illégales. L’agence des Nations unies alerte également sur les atteintes aux libertés publiques. Douze violations de l’espace civique ont été documentées en avril, touchant notamment des défenseurs des droits humains et des journalistes exposés à des menaces et des intimidations, poursuit l'ONU.

Le BCNUDH note toutefois que des actions judiciaires continuent d’être menées contre les auteurs présumés des violations. Les juridictions militaires ont traité 66 dossiers impliquant des militaires, des policiers et des civils. Au cours du même mois, plusieurs personnes ont été condamnées pour des faits liés aux violations des droits humains.

Pendant ce temps, la situation sécuritaire reste préoccupante dans l’Est de la RDC. Dans le Nord-Kivu, plusieurs sources locales signalent un renforcement des positions de l’AFC/M23 dans le nord du territoire de Lubero, notamment à Kitchombiro, Alimbongo et Mbingi. Des mouvements de combattants et de matériels militaires sont  signalés dans cette zone, provoquant de nouveaux déplacements de populations vers Kipese, Alimbongo ou Kasugho.

Alphonse Muderwa