Le Conseil pour la Défense de la Constitution (CDC), plateforme regroupant des organisations de la société civile, des confessions religieuses, des mouvements citoyens ainsi que des associations de la diaspora congolaise, a dénoncé l’adoption, par l’Assemblée nationale, jeudi 28 mai 2026, de la proposition de loi portant sur la révision de la Constitution.
Dans un communiqué publié sous le numéro 001/2026, le CDC affirme que ce vote marque « officiellement l’ouverture d’une procédure devant aboutir à un coup d’État constitutionnel en République démocratique du Congo ».
La plateforme dit s’opposer à toute modification de la Constitution qu’elle considère comme visant à permettre un troisième mandat au président de la République, Félix Tshisekedi. Elle déplore également « la fin programmée des institutions tirant pourtant leur légitimité de cette même Constitution ».
« Le coup d’État constitutionnel n’est pas différent d’une prise du pouvoir par les armes », a déclaré Maître Timothée Mbuya, président de JUSTICIA Asbl et membre de la coordination du CDC.
De son côté, Maître Jean-Claude Katende, président de l’ASADHO et coordonnateur du CDC, a estimé que « les partenaires extérieurs de la RDC, notamment l’Union africaine, l’Union européenne, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada ainsi que les organisations internationales, devraient soutenir les organisations de la société civile et l’ensemble de la population congolaise dans cette lutte visant à empêcher la consommation de ce coup d’État constitutionnel ».
Le CDC rappelle les dispositions des articles 220 et 219 de la Constitution. L’article 220 stipule notamment que « le nombre et la durée des mandats du président de la République » ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle. L’article 219 prévoit, quant à lui, qu’« aucune révision constitutionnelle ne peut intervenir pendant l’état de guerre, l’état d’urgence ou l’état de siège ».
La plateforme rappelle également que Félix Tshisekedi a été élu président de la République en décembre 2018 pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois, et que son second mandat expire en décembre 2028.
Enfin, le Conseil pour la Défense de la Constitution invite la population congolaise à mener « des actions pacifiques » pour s’opposer à « toute tentative de coup d’État constitutionnel ».
Raphaël Kwazi