Surpopulation carcérale : Guillaume Ngefa plaide pour une hausse du budget de la Justice pour la construction des infrastructures pénitentiaires

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Le ministre d’État chargé de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, plaide pour une augmentation du budget alloué à son secteur, confronté à une surpopulation carcérale et à l’insuffisance des infrastructures pénitentiaires en République démocratique du Congo (RDC). Le pays compte 52 095 détenus, tandis que 74 de ses 214 établissements pénitentiaires sont non opérationnels.

Lors du briefing de presse du jeudi 22 octobre 2026, le ministre a présenté ces chiffres après une mission de terrain menée dans plusieurs prisons du Kongo-Central, notamment à Madimba, Mbanza-Ngungu, Matadi et Boma, afin d’évaluer le fonctionnement de l’administration judiciaire et les conditions de détention.

« L’idée était vraiment de faire le point de la situation de l’administration de la justice dans cette partie de notre province. Et la situation que nous avons effectivement remarquée, c’est que notre justice est confrontée à plusieurs défis », a-t-il déclaré, évoquant les constats faits lors de cette mission.

Sur les 214 établissements pénitentiaires recensés, 116 bénéficient de subventions, tandis que 24 n’en reçoivent pas. Le ministre a également souligné le décalage entre l’augmentation du nombre de détenus et les ressources financières disponibles pour assurer leur prise en charge.

À titre d’exemple, il a cité la prison centrale de Makala, à Kinshasa, dont la population carcérale est passée de 8 000 à 16 000 détenus depuis sa prise de fonctions, le 8 août dernier, sans augmentation du budget alloué.

« Le 8 août dernier, quand je prenais mes fonctions et que je visitais la prison de Makala, le nombre de détenus était de 8 000, avec le même budget. Aujourd’hui, nous sommes à 16 000. Comment voulez-vous qu’on puisse nourrir 16 000 personnes avec le même budget qui était conçu pour nourrir 8 000 personnes ? D’ailleurs, même 8 000 personnes, c’était beaucoup, parce que la capacité de la prison de Makala était de 2 500 personnes. Donc, le budget avait été calculé pour 2 500 personnes », a-t-il expliqué.

Au-delà des contraintes budgétaires, Guillaume Ngefa a également évoqué l’évolution de l’organisation territoriale du pays parmi les facteurs contribuant à la surpopulation carcérale. Selon lui, la majorité des prisons ont été construites avant l’indépendance, à une époque où la population congolaise était estimée à moins de cinq millions d’habitants. La création de nouvelles provinces a par ailleurs entraîné la transformation de certains lieux de détention, initialement conçus comme des maisons d’arrêt dans les territoires, en établissements pénitentiaires.

Le manque de magistrats constitue un autre défi pour le système judiciaire. L’insuffisance de leurs effectifs complique notamment l’examen des demandes de mise en liberté provisoire. Le ministre a également relevé les difficultés liées au rapprochement des détenus de leurs juges naturels, ainsi que l’insuffisance du personnel pénitentiaire et son manque de formation.

Dans ce contexte, le ministère de la Justice a annoncé, le 21 octobre dernier, la suspension provisoire de l’admission de nouveaux détenus au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK), communément appelé prison centrale de Makala.

Raphaël Kwazi